{"id":704,"date":"2010-05-05T20:33:20","date_gmt":"2010-05-05T19:33:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.edder.org\/?p=704"},"modified":"2021-03-30T18:59:48","modified_gmt":"2021-03-30T16:59:48","slug":"eloge-de-lamour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.edder.org\/?p=704","title":{"rendered":"Eloge de l\u2019amour"},"content":{"rendered":"<p><div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-1 nonhundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-flex-wrap:wrap;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-0 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-one-full fusion-column-first fusion-column-last\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-margin-bottom:0px;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-flex-column-wrapper-legacy\"><div class=\"fusion-text fusion-text-1\" style=\"--awb-font-size:29px;\"><h1 class=\"crayon article-titre-1730 title\" style=\"text-align: center;\">\u00ab Eloge de l\u2019amour\u00a0\u00bb selon Jean-Luc Godard<\/h1>\n<\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-2\"><div class=\"nada franklin padding10-hoba\">\n<h4 class=\"signature\" style=\"text-align: center;\">Par Philippe Lafosse<\/h4>\n<\/div>\n<\/div><div class=\"fusion-clearfix\"><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-2 fusion-flex-container nonhundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-flex-wrap:wrap;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row fusion-flex-align-items-flex-start fusion-flex-content-wrap\" style=\"max-width:1248px;margin-left: calc(-4% \/ 2 );margin-right: calc(-4% \/ 2 );\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-1 fusion_builder_column_1_3 1_3 fusion-flex-column\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-width-large:33.333333333333%;--awb-margin-top-large:0px;--awb-spacing-right-large:5.76%;--awb-margin-bottom-large:20px;--awb-spacing-left-large:5.76%;--awb-width-medium:100%;--awb-order-medium:0;--awb-spacing-right-medium:1.92%;--awb-spacing-left-medium:1.92%;--awb-width-small:100%;--awb-order-small:0;--awb-spacing-right-small:1.92%;--awb-spacing-left-small:1.92%;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-column-has-shadow fusion-flex-justify-content-flex-start fusion-content-layout-column\"><\/div><\/div><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-2 fusion_builder_column_2_3 2_3 fusion-flex-column\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-width-large:66.666666666667%;--awb-margin-top-large:0px;--awb-spacing-right-large:2.88%;--awb-margin-bottom-large:20px;--awb-spacing-left-large:2.88%;--awb-width-medium:100%;--awb-order-medium:0;--awb-spacing-right-medium:1.92%;--awb-spacing-left-medium:1.92%;--awb-width-small:100%;--awb-order-small:0;--awb-spacing-right-small:1.92%;--awb-spacing-left-small:1.92%;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-column-has-shadow fusion-flex-justify-content-flex-start fusion-content-layout-column\"><div class=\"fusion-text fusion-text-3\" style=\"--awb-font-size:19px;--awb-line-height:1.9;\"><p>D\u2019abord, il faut voir <i>Eloge de l\u2019amour.<\/i> Ensuite, le revoir,<br \/>\ncomme on regarde \u00e0 nouveau un tableau, r\u00e9\u00e9coute un morceau de musique ou<br \/>\nrelit un livre. Ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s qu\u2019on peut en parler. On a tellement<br \/>\nl\u2019habitude de parler sans voir et imm\u00e9diatement, et encore plus<br \/>\nlorsqu\u2019il s\u2019agit de Godard, adul\u00e9 par les uns, honni par les autres &#8211;<br \/>\nautrement dit, dans tous les cas, r\u00e9duit, trahi, fig\u00e9\u00a0-, qu\u2019on se<br \/>\nprend \u00e0 r\u00eaver qu\u2019un jour, simplement, on regarde enfin ses images et<br \/>\n\u00e9coute ses films. <i>\u00ab\u00a0Ce qui est int\u00e9ressant,<\/i> confirme le<br \/>\ncin\u00e9aste,<i> c\u2019est parler du film et non de la personne. Mais qui le<br \/>\nfait\u00a0? En litt\u00e9rature, c\u2019est possible\u00a0: souvent, on parle des<br \/>\nlivres, pas des auteurs. Mais, pour le cin\u00e9ma, c\u2019est exceptionnel, on<br \/>\nparle du budget ou de ce que l\u2019auteur a voulu faire. Les auteurs parlent<br \/>\nbeaucoup, ils disent ce qu\u2019ils ont voulu faire, et le public les croit<br \/>\nalors qu\u2019ils ne l\u2019ont pas fait. Le public ne regarde pas les images, il<br \/>\nvoit ce qu\u2019on lui a dit qu\u2019il devait voir, il suit l\u2019\u00e9loge publicitaire<br \/>\nde la t\u00e9l\u00e9vision qui n\u2019est dict\u00e9 que par l\u2019exploitation et ne concerne<br \/>\npas le produit.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p><i>Eloge de l\u2019amour<\/i>, c\u2019est d\u2019abord du vrai noir et blanc comme on<br \/>\nn\u2019en fait plus. Et il y est question de quelque chose de l\u2019amour, de<br \/>\nl\u2019amour de quelque chose. L\u2019amour de la r\u00e9sistance, de la m\u00e9moire, du<br \/>\ncin\u00e9ma, de la langue fran\u00e7aise, de l\u2019histoire&#8230; Edgar, c\u2019est Bruno<br \/>\nPutzulu. Et il suffit de le voir, de face ou de dos, droit dans son<br \/>\nbureau, ou assis, son imper sur les genoux, ou encore regardant par la<br \/>\nfen\u00eatre comme on regarde \u00e0 travers le temps, communiquant par<br \/>\nl\u2019immobilit\u00e9 et le silence, pour comprendre que, pour Jean-Luc Godard,<br \/>\ncet homme, c\u2019est <i>\u00ab\u00a0une grande rectitude, l\u2019honn\u00eatet\u00e9 et la<br \/>\nprobit\u00e9 en tant qu\u2019acteur\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Il a essay\u00e9 de tenir et il a<br \/>\ntenu.\u00a0\u00bb <\/i>Cela saute aux yeux.<\/p>\n<p>Edgar a un projet, c\u2019est lui qui le dit\u00a0: <i>\u00ab\u00a0\u00c7a raconte<br \/>\nquelque chose de l\u2019histoire des trois \u00e2ges\u00a0: il y a des jeunes, des<br \/>\nadultes et des vieux. Et ce quelque chose, c\u2019est un des moments, un des<br \/>\nquatre moments de l\u2019amour.\u00a0\u00bb<\/i> Musique. <i>\u00ab\u00a0A savoir, la<br \/>\nrencontre, la passion physique, et puis la s\u00e9paration, et puis les<br \/>\nretrouvailles&#8230; Et vous, vous allez faire quoi l\u00e0-dedans\u00a0? Et<br \/>\nvous\u00a0?\u00a0\u00bb <\/i><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>L\u00e0-dedans, il s\u2019agit de la petite et de la grande histoire. Comment<br \/>\npasser de l\u2019histoire \u00e0 l\u2019Histoire\u00a0? Edgar cherche des gens, il<br \/>\nenqu\u00eate, <i>\u00ab\u00a0peut-\u00eatre pour un film dans la tradition<br \/>\ndocumentaire, mais qui conna\u00eet le sens exact de ce mot\u00a0? Une th\u00e8se<br \/>\nsur les catholiques dans la R\u00e9sistance&#8230;\u00a0\u00bb.<\/i> La R\u00e9sistance,<br \/>\nc\u2019est quoi\u00a0? Ce sont ces rochers qu\u2019on voit demeurer face \u00e0<br \/>\nl\u2019assaut des vagues, une barque qu\u2019on nomme <i>La France-libre,<\/i> les<br \/>\nphotos du pass\u00e9 que regarde Mme\u00a0Bayard, le droit de m\u00e9moire. <i>\u00ab\u00a0Tout<br \/>\nle monde parle de devoir de m\u00e9moire,<\/i> explique Godard, <i>mais il me<br \/>\nsemble qu\u2019on doit parler de droit. C\u2019est en tout cas une hypoth\u00e8se&#8230;<br \/>\nLe droit est soit une division, soit une multiplication du devoir. On a<br \/>\nle devoir d\u2019\u00eatre humain, on a le devoir de manger&#8230; Le droit, c\u2019est<br \/>\nautre chose, c\u2019est l\u2019organisation de ce devoir.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p>La m\u00e9moire, ce sont les lieux et les monuments. Ceux de la grande<br \/>\nhistoire &#8211; qu\u2019<i>Eloge de l\u2019amour <\/i>montre au pr\u00e9sent avec leur charge<br \/>\nde pass\u00e9, leur valeur comm\u00e9morative &#8211; et puis, ceux de la petite &#8211; les<br \/>\nbancs publics o\u00f9 s\u2019allongent les mis\u00e9rables pour dormir, o\u00f9 s\u2019assoient<br \/>\nles autres pour parler ou pour lire, o\u00f9 le temps passe, l\u00e0 aussi. Et,<br \/>\nentre la grande et la petite, ou plut\u00f4t du c\u00f4t\u00e9 de toutes les histoires,<br \/>\nil y a le cin\u00e9ma, autre lieu de la m\u00e9moire\u00a0: lieu du temps, de la<br \/>\nfid\u00e9lit\u00e9 et du d\u00e9sir.<\/p>\n<p><i>Eloge de l\u2019amour<\/i> est un \u00e9loge du temps. Il le laisse advenir,<br \/>\nle fait appara\u00eetre. C\u2019est simple et \u00e9vident &#8211; comme un stylo-plume qu\u2019on<br \/>\ntrempe dans une bouteille d\u2019encre et qui se remplit sous nos<br \/>\nyeux\u00a0-, et c\u2019est compliqu\u00e9. <i>\u00ab\u00a0C\u2019est comme la m\u00e9canique<br \/>\nquantique,<\/i> explique Godard. <i>On peut avoir la vitesse d\u2019un<br \/>\ncorpuscule, mais on ne sait pas o\u00f9 il est. Et si on sait o\u00f9 il est, on<br \/>\nn\u2019a pas sa vitesse. Le cin\u00e9ma est fait ou devrait \u00eatre plus fait pour<br \/>\ns\u2019occuper de \u00e7a, pour faire surgir. On filme au pr\u00e9sent et on<br \/>\nprojette\u00a0: on est tout de suite dans le pass\u00e9. On voit une image et<br \/>\non y repense ensuite. Par cons\u00e9quent, il s\u2019agit bien de la<br \/>\nm\u00e9moire.\u00a0\u00bb <\/i><\/p>\n<p>Pour savoir, pour cr\u00e9er, il faut enqu\u00eater. <i>Eloge de l\u2019amour<\/i><br \/>\nest un film noir dont Edgar serait le d\u00e9tective. Pour apprendre, pour<br \/>\nconna\u00eetre, il faut partir des faits. C\u2019est indispensable pour le cin\u00e9ma,<br \/>\n<i>\u00ab\u00a0si on ne veut pas qu\u2019un film de fiction soit juste une<br \/>\ncom\u00e9die am\u00e9ricaine\u00a0\u00bb,<\/i> et pour tout<i>. <\/i>Pour l\u2019\u00e9conomie, par<br \/>\nexemple\u00a0: <i>\u00ab\u00a0Si vous voulez savoir,<\/i> poursuit Godard,<i><br \/>\npourquoi l\u2019\u00e9conomie du Japon va mal en ce moment, alors qu\u2019il y a dix<br \/>\nans on nous a dit que c\u2019\u00e9tait le mod\u00e8le pour l\u2019avenir, allez tous les<br \/>\nmatins \u00e0 8 heures au coin de l\u2019avenue George-V et des<br \/>\nChamps-Elys\u00e9es\u00a0: vous verrez les Japonais qui font la queue devant<br \/>\nles magasins Vuitton. Pour acheter quoi\u00a0? Des valises couleur de<br \/>\ncaca\u00a0!&#8230; C\u2019est un myst\u00e8re absolument complet\u00a0! <\/i>(rires)<i>&#8230;<br \/>\nEn voyant cette image et en la d\u00e9crivant, on peut dire des choses sur<br \/>\nl\u2019\u00e9conomie japonaise ou sur l\u2019\u00e9conomie en g\u00e9n\u00e9ral&#8230;\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<h3 class=\"spip\">Une image peut en cacher une autre<\/h3>\n<p>Avant de s\u2019exprimer, il faut commencer par regarder, <i>\u00ab\u00a0sinon,<br \/>\non rajoute des mots sur des mots, comme disait P\u00e9guy, et il finit par<br \/>\nne plus y avoir de r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/i> Et le cin\u00e9aste de pr\u00e9ciser\u00a0:<br \/>\n<i>\u00ab\u00a0G\u00e9n\u00e9ralement, on ne voit pas les choses. Moi, j\u2019essaie de les<br \/>\nvoir. Je ne vois pas loin, je suis myope, mais je vois de pr\u00e8s.<br \/>\nJ\u2019essaie de voir&#8230; Le titre anglais du dernier bouquin de James Ellroy,<br \/>\nc\u2019est <\/i>The Six Cold Thousand,<i> soit \u201cSix mille dollars froids\u201d, et<br \/>\nle titre fran\u00e7ais, c\u2019est <\/i>American Death Trip<i>. Voil\u00e0, c\u2019est \u00e7a la<br \/>\nmondialisation&#8230;\u00a0\u00bb <\/i>Autre exemple\u00a0: les Etats-Unis<i>.<br \/>\n\u00ab\u00a0Je note simplement que c\u2019est un pays dont les habitants n\u2019ont pas<br \/>\nde nom. Am\u00e9ricain, \u00e7a ne veut rien dire\u00a0: les Mexicains ou les<br \/>\nBr\u00e9siliens sont aussi des Am\u00e9ricains. Et le Br\u00e9sil, aussi, ce sont des<br \/>\nEtats unis\u00a0; le Canada \u00e9galement. Donc, qu\u2019est-ce que \u00e7a dit sur<br \/>\neux, sur leur histoire\u00a0? Et mon hypoth\u00e8se, c\u2019est qu\u2019il n\u2019est<br \/>\neffectivement pas \u00e9tonnant qu\u2019un pays dont les habitants n\u2019ont pas de<br \/>\nnom ait besoin des histoires des autres. Comme nous, ils cherchent<br \/>\nl\u2019origine, mais vu qu\u2019ils n\u2019ont pas une longue histoire, ils doivent la<br \/>\nchercher chez les autres\u00a0: au Vietnam, \u00e0 Sarajevo&#8230;\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p>A propos d\u2019histoires, pr\u00e9cis\u00e9ment\u00a0: <i>\u00ab\u00a0Il faudrait se<br \/>\ndemander pourquoi les gens aiment voir les films am\u00e9ricains,<\/i><br \/>\ninterroge Godard<i>&#8230; C\u2019est peut-\u00eatre parce qu\u2019on est comme des<br \/>\nenfants, on aime se bourrer. Donc, puisque les gens aiment les films<br \/>\nam\u00e9ricains, d\u2019accord. Mais, dans ce cas, allons jusqu\u2019au bout, faisons<br \/>\npareil avec les journaux. Que <\/i>Le Figaro, Lib\u00e9ration, Le Monde<i><br \/>\nsoient \u00e9crits en anglais, puisqu\u2019on veut \u00e7a, allons-y, continuons. Et<br \/>\nm\u00eame, que <\/i>Le Figaro<i> arr\u00eate\u00a0! Qu\u2019il continue \u00e0 payer les<br \/>\ngens, et qu\u2019il passe un accord avec le <\/i>New York Times<i> pour<br \/>\npublier ses articles en fran\u00e7ais\u00a0!\u00a0\u00bb <\/i><\/p>\n<p>Pour celui qui affirme que <i>\u00ab\u00a0le vrai imaginaire doit passer<br \/>\npar le r\u00e9el\u00a0\u00bb,<\/i> le cin\u00e9ma doit servir \u00e0 cela, \u00e0 voir, \u00e0 penser<br \/>\net, apr\u00e8s, \u00e0 dire\u00a0: <i>\u00ab\u00a0Dans le d\u00e9bat presque obsc\u00e8ne qui<br \/>\ndepuis quelques ann\u00e9es compare les morts du goulag et ceux des camps,<br \/>\nalors qu\u2019il suffit de voir que les trois premi\u00e8res lettres de <\/i>Lager<i><br \/>\nsont les trois derni\u00e8res de goulag, et o\u00f9 on ne discute que phrase sur<br \/>\nphrase, moi je propose de prendre un film sovi\u00e9tique de la grande \u00e9poque<br \/>\net un film d\u2019actualit\u00e9s allemand, et on voit alors que les sourires des<br \/>\njeunes gens embrigad\u00e9s en Russie et en Allemagne \u00e9taient diff\u00e9rents. Le<br \/>\nsourire russe \u00e9tait tr\u00e8s diff\u00e9rent du sourire allemand. Sur les jeunes<br \/>\nfilles, c\u2019est incroyable comme \u00e7a se voit. Ce n\u2019est pas la m\u00eame chose.<br \/>\nEt sur les morts, c\u2019est pareil. En faisant \u00e7a, on ferait un travail sur<br \/>\nle terrain, sur le terrain de l\u2019entendement et de la compr\u00e9hension, on<br \/>\nne serait pas que dans le dire.\u00a0\u00bb <\/i><\/p>\n<p>Retournons justement sur le terrain d\u2019<i>Eloge de l\u2019amour.<\/i> A<br \/>\ncommencer par le titre.<\/p>\n<p><i>\u00ab\u00a0Le titre d\u2019un film, <\/i>confie Godard,<i> c\u2019est la note de<br \/>\nd\u00e9part qui indique quelque chose. Les titres ne sont pas des<br \/>\nsobriquets\u00a0: on parle de titres de propri\u00e9t\u00e9,<br \/>\nd\u2019obligations&#8230;\u00a0\u00bb <\/i>De l\u2019amour, il en est constamment question<br \/>\ndans le film. De l\u2019amour et de son absence, de la formation du couple et<br \/>\nde sa difficult\u00e9, de la cohabitation. De tous les couples\u00a0:<br \/>\npr\u00e9sent-pass\u00e9, noir et blanc &#8211; couleurs, m\u00e9moire-amn\u00e9sie, paix-guerre,<br \/>\ndocumentaire-fiction, quelque chose &#8211; rien, champ-contrechamp et&#8230;<br \/>\naction-r\u00e9action, <i>\u00ab\u00a0le plus vieux couple de l\u2019histoire\u00a0\u00bb.<\/i><br \/>\nEt puis des hommes et des femmes, bien \u00e9videmment. <i>Eloge de l\u2019amour <\/i>dit<br \/>\nquelque chose de tous les couples \u00e0 travers M.\u00a0et Mme\u00a0Bayard,<br \/>\nTristan et Iseult, Eglantine et Perceval, Edgar et&#8230; Edgar, qui<br \/>\ncherche jusque dans un d\u00e9p\u00f4t de la SNCF une fille qui<i> \u00ab\u00a0a de<br \/>\ngros yeux\u00a0\u00bb <\/i>et qui<i> \u00ab\u00a0avait un vrai discours&#8230; A propos<br \/>\nde l\u2019Etat, et de l\u2019impossibilit\u00e9 que l\u2019Etat tombe amoureux&#8230;\u00a0\u00bb. <\/i>Le<br \/>\ntitre du nouveau film de Jean-Luc Godard n\u2019est pas qu\u2019une note de<br \/>\nd\u00e9part\u00a0; il en est la port\u00e9e et la cl\u00e9.<\/p>\n<p>Comme \u00e0 la SNCF, une image peut en cacher une autre ou des paroles<br \/>\nune image et vice versa. Le ressassement est indispensable \u00e0 la<br \/>\nr\u00e9flexion et, comme toujours chez Godard, il faut aller et venir,<br \/>\n\u00e9tablir correspondances et commutations, c\u2019est-\u00e0-dire travailler tout de<br \/>\nm\u00eame un peu, peut-\u00eatre parce qu\u2019<i>\u00ab\u00a0on ne peut penser \u00e0 quelque<br \/>\nchose que si l\u2019on pense \u00e0 autre chose\u00a0\u00bb,<\/i> ainsi que le dit<br \/>\nEdgar\u00a0: <i>\u00ab\u00a0Vous voyez un paysage nouveau\u00a0; il est<br \/>\nnouveau pour vous parce que vous le comparez en pens\u00e9e \u00e0 un autre<br \/>\npaysage, ancien celui-l\u00e0, que vous connaissez.\u00a0\u00bb <\/i>Ce n\u2019est pas<br \/>\nun cin\u00e9ma tranquille. Le spectateur doit s\u2019inqui\u00e9ter avec lui du sens,<br \/>\nde sa place. Des sens des mots\u00a0: r\u00e9sistance, distribution, amour,<br \/>\ntitre, m\u00e9moire&#8230; C\u2019est l\u00e0 un des chemins que propose celui<i><br \/>\n\u00ab\u00a0qui travaille dans le cin\u00e9ma, comme on dit\u00a0\u00bb,<\/i> pour<br \/>\ntraverser les apparences, et remettre en question ce qui est pr\u00e9sent\u00e9<br \/>\ncomme des v\u00e9rit\u00e9s.<\/p>\n<p><i>Eloge de l\u2019amour<\/i> est un film sur la place de chacun dans<br \/>\nl\u2019espace et le temps, sur le champ et le contrechamp. <i>\u00ab\u00a0Le<br \/>\nchamp-contrechamp, c\u2019est une photo de quelqu\u2019un puis une autre photo de<br \/>\nquelqu\u2019un qui parle,<\/i> lance Godard.<i> Mais, en fait, si on regarde<br \/>\nbien, techniquement, il n\u2019y a encore jamais eu de vrai<br \/>\nchamp-contrechamp, il n\u2019y a eu que le d\u00e9but de quelque chose qui foire,<br \/>\nil n\u2019y a jamais eu les contrechamps qu\u2019il aurait fallu, la vision ou la<br \/>\nnon-vision, l\u2019absence, l\u2019innommable&#8230; Et mon id\u00e9e, c\u2019est que le fait<br \/>\nqu\u2019il n\u2019y en ait jamais eu a pour cons\u00e9quence que rien n\u2019a chang\u00e9.<br \/>\nQuelque chose n\u2019a pas eu lieu&#8230; Quant \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, sur le fond,<br \/>\nelle ignore compl\u00e8tement le contrechamp. Elle ne montre pas celui qui<br \/>\n\u00e9coute. Il y a un plan, puis ils coupent, comme ils disent, et il y en a<br \/>\nun autre, et ces plans n\u2019ont pas de rapport humain entre eux. Par<br \/>\nmoments, il n\u2019y a tellement plus de rapports entre les plans que m\u00eame<br \/>\nl\u2019image toute petite de la t\u00e9l\u00e9vision, ils la sous-divisent encore, on<br \/>\nne sait pas pourquoi&#8230;\u00a0\u00bb <\/i>Puis, il ajoute\u00a0: <i>\u00ab\u00a0On<br \/>\npourrait en discuter, si la discussion \u00e9tait possible, mais ce n\u2019est<br \/>\nplus le cas. On ne peut plus batailler, les gens ne suivent plus, ils se<br \/>\nf\u00e2chent. Ils affirment mais ne discutent pas.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p>Dans <i>Eloge de l\u2019amour<\/i>, comme dans bon nombre de ses autres<br \/>\nfilms, Godard essaie pourtant encore de r\u00e9veiller la discussion, et s\u2019il<br \/>\nfait appel \u00e0 Wittgenstein, Cioran, Matisse, Bresson, Monet, Simone<br \/>\nWeil, Georges Bataille, Robert Walser et d\u2019autres, c\u2019est pour faire<br \/>\nentendre des id\u00e9es\u00a0: <i>\u00ab\u00a0Je mets ces mots pour les garder,<br \/>\npour qu\u2019ils am\u00e8nent \u00e0 autre chose. C\u2019est un tableau sonore que je fais,<br \/>\nc\u2019est le tableau qui a un sens&#8230; J\u2019\u00e9mets des id\u00e9es. A partir de l\u00e0, on<br \/>\nr\u00e9fl\u00e9chit et on en reparle un jour. C\u2019est \u00e0 chacun de voir. Si \u00e7a ne<br \/>\npla\u00eet pas qu\u2019on parle du champ-contrechamp, tant pis&#8230;\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p>Apr\u00e8s une heure, on passe du noir et blanc \u00e0 la couleur. Et pas<br \/>\nn\u2019importe quelle couleur\u00a0: celle d\u2019une cam\u00e9ra num\u00e9rique dont les<br \/>\ntons rappellent le fauvisme. La mer est rouge, la plage est bleue. Les<br \/>\nondes vermillon sur la mer font \u00e9cho \u00e0 l\u2019Orchestre rouge. C\u2019est la<br \/>\nseconde partie du film qui commence\u00a0: deux ans avant, en Bretagne,<br \/>\no\u00f9 Edgar rencontre Jean Lacouture, car il cherche \u00e0 <i>\u00ab\u00a0se<br \/>\ndocumenter sur le fond\u00a0\u00bb.<\/i> Deux ans avant, que s\u2019est-il donc<br \/>\npass\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p>D\u2019abord, on voit Edgar, seul sur une route bleue bord\u00e9e d\u2019arbres<br \/>\njaunes et rouges\u00a0; un panneau indique \u00ab\u00a0Attention<br \/>\nenfants\u00a0\u00bb\u00a0: Edgar sort de l\u2019enfance, essaie de devenir adulte.<br \/>\nPour le reste, pour savoir, on ira au cin\u00e9ma.<\/p>\n<p>On y verra qu\u2019<i>Eloge de l\u2019amour<\/i> est un film d\u2019amour noir, un<br \/>\nfilm politique, historique, sociologique, une qu\u00eate incessante. Un<br \/>\nregard parfois m\u00e9lancolique &#8211; \u00ab\u00a0Chaque pens\u00e9e devrait rappeler la<br \/>\nruine d\u2019un sourire\u00a0\u00bb&#8230; &#8211; sur des fragments du n\u00e9ant, qui nous<br \/>\nmontre et nous fait \u00e9couter quelque chose des hommes et du monde, tels<br \/>\nqu\u2019ils sont.<\/p>\n<p><i>\u00ab\u00a0Les choses prennent du sens quand elles finissent\u00a0:<br \/>\nc\u2019est parce que c\u2019est l\u00e0 que l\u2019histoire commence.\u00a0\u00bb <\/i>Pas votre<br \/>\nhistoire ni la mienne, ainsi que le dit Edgar. Quoi qu\u2019il arrive\u00a0:<br \/>\nla n\u00f4tre.<\/p>\n<\/div><\/div><\/div><\/div><\/div><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u2019abord, il faut voir Eloge de l\u2019amour. Ensuite, le revoir, comme on regarde \u00e0 nouveau un tableau, r\u00e9\u00e9coute un morceau de musique ou relit un livre. Ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s qu\u2019on peut en parler. On a tellement l\u2019habitude de parler sans voir et imm\u00e9diatement, et encore plus lorsqu\u2019il s\u2019agit de Godard, adul\u00e9 par les uns, honni par les autres &#8211; autrement dit, dans tous les cas, r\u00e9duit, trahi, fig\u00e9\u00a0-, qu\u2019on se prend \u00e0 r\u00eaver qu\u2019un jour, simplement, on regarde enfin ses images et \u00e9coute ses films. \u00ab\u00a0Ce qui est int\u00e9ressant, confirme le cin\u00e9aste, c\u2019est parler du film et non de la personne. Mais qui le fait\u00a0? En litt\u00e9rature, c\u2019est possible\u00a0: souvent, on parle des livres, pas des auteurs. Mais, pour le cin\u00e9ma, c\u2019est exceptionnel, on parle du budget  [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":82,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-704","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-na"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p6kHv-bm","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack-related-posts":[{"id":42997,"url":"https:\/\/www.edder.org\/?p=42997","url_meta":{"origin":704,"position":0},"title":"Futbolmarianismo y regionalcatolicismo de los siglos XX y XXI","author":"Eder","date":"mi\u00e9rcoles, 21 Ago, 2024","format":false,"excerpt":"","rel":"","context":"En \u00abPrehistoria contempor\u00e1nea\u00bb","block_context":{"text":"Prehistoria contempor\u00e1nea","link":"https:\/\/www.edder.org\/?cat=90"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/www.edder.org\/upload\/2024\/08\/athletic_begogna.png?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/www.edder.org\/upload\/2024\/08\/athletic_begogna.png?resize=350%2C200&ssl=1 1x, https:\/\/i0.wp.com\/www.edder.org\/upload\/2024\/08\/athletic_begogna.png?resize=525%2C300&ssl=1 1.5x, https:\/\/i0.wp.com\/www.edder.org\/upload\/2024\/08\/athletic_begogna.png?resize=700%2C400&ssl=1 2x, https:\/\/i0.wp.com\/www.edder.org\/upload\/2024\/08\/athletic_begogna.png?resize=1050%2C600&ssl=1 3x"},"classes":[]},{"id":43123,"url":"https:\/\/www.edder.org\/?p=43123","url_meta":{"origin":704,"position":1},"title":"El amor (fou) en tiempos neum\u00e1ticos","author":"Eder","date":"lunes, 21 Oct, 2024","format":false,"excerpt":"","rel":"","context":"En \u00abCine\u00bb","block_context":{"text":"Cine","link":"https:\/\/www.edder.org\/?cat=79"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/www.edder.org\/upload\/2024\/10\/pneu.png?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/www.edder.org\/upload\/2024\/10\/pneu.png?resize=350%2C200&ssl=1 1x, https:\/\/i0.wp.com\/www.edder.org\/upload\/2024\/10\/pneu.png?resize=525%2C300&ssl=1 1.5x, https:\/\/i0.wp.com\/www.edder.org\/upload\/2024\/10\/pneu.png?resize=700%2C400&ssl=1 2x"},"classes":[]},{"id":2956,"url":"https:\/\/www.edder.org\/?p=2956","url_meta":{"origin":704,"position":2},"title":"Aurelio Arteta, \u00abTr\u00edptico de la Guerra\u00bb (1937-1938)","author":"Eder","date":"domingo, 3 Mar, 2013","format":false,"excerpt":"","rel":"","context":"En \u00abArtes\u00bb","block_context":{"text":"Artes","link":"https:\/\/www.edder.org\/?cat=85"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/www.edder.org\/upload\/2013\/03\/04_arteta_triptico.jpg?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/www.edder.org\/upload\/2013\/03\/04_arteta_triptico.jpg?resize=350%2C200&ssl=1 1x, https:\/\/i0.wp.com\/www.edder.org\/upload\/2013\/03\/04_arteta_triptico.jpg?resize=525%2C300&ssl=1 1.5x"},"classes":[]},{"id":41764,"url":"https:\/\/www.edder.org\/?p=41764","url_meta":{"origin":704,"position":3},"title":"Dylan-Baez. 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